Programme
Accueil à partir de 9 h.
9 h 30 – 10 h Présentation de la journée par Renée PIETTRE
Introduction biblique par Philippe KABONGO M’BAYA
10 h – 10 h 30 Qu’est-ce qui fait autorité en démocratie ? par Bernard PIETTRE
10 h 30 – 11 h La démocratie, une vision de l’humain avec James WOODY
1 Corinthiens 12/12-31
11 h 00 – 11 h 30 Pause
11 h 30 – 12 h 00 Faire vivre les différentes formes de démocratie pour faire face à la crise de la démocratie par Jean-Marc LAMARRE
12 h 00 – 12 h 30 Qu’est-ce qu’une démocratie libérale ? avec James WOODY
Deutéronome 16/18-22; 17/14-20; 18/15-22
12 h 30 – 14 h 30 Repasfourni sur place (à disposition : sandwichs, salades, fruits, café…)
Libre participation aux frais
14 h 30 – 15 h 00 Décideurs pyromanes contre débat démocratique et action collective par Renée PIETTRE
15 h 00 – 15 h 30 Pause
15 h 30 – 16 h 00 Les géants de la tech à l’assaut de la démocratie par Jacques-Frédéric JOSSERAND
16 h 00 – 16 h 30 Ce qui fait chuter une démocratie libérale vers la servitude volontaire avec James WOODY 1 Samuel 8/1-22
16 h 30 – 17 h 00 Synthèse et envoi par Philippe KABONGO M’BAYA
Inscriptions : jf.josserand@gmail.com
Pour un Christianisme de justice : aujourd’hui comme hier
A sa relance en 2010 par des intellectuels protestants, à l’Institut protestant de théologie, le Mouvement du christianisme social (XS) né vers la fin du 19è siècle, a voulu être un rassemblement pluraliste de sensibilités religieuses, politiques, portées par l’exigence de justice sociale et de pertinence dans la société civile. Autant dire une conscience aiguë face aux exclusions, à la banalisation des outrances idéologiques dans la classe politique, à une compréhension plus exigeante de la solidarité. Il s’agissait de rejoindre le terrain. Elargir la base du mouvement. De réfléchir et d’agir face aux questionnements en débat dans la société ; d’accompagner les initiatives, de maintenir un débat vivant entre les valeurs bibliques et les interrogations de ce temps. Quelques Communes théologiques se sont créées, dont celle du Sud-parisien, réunissant depuis 2011 une quarantaine de personnes autour d’un bibliste, en construisant un dialogue interdisciplinaire : anthropologique, éthique, philosophique, etc. L’annonce ci-dessous vous invite à la session de cette année sur l’enjeu démocratique.
20ème siècle, le XS marquait le paysage protestant en France. Nîmes, Paris, Roubaix, Lille, Nantes, Strasbourg (Ban-de-la-Roche), Montbéliard, Laval, etc. Les actions et les idées ont été indéniablement nourries de l’idéal de « l’amour du prochain », au près comme au loin. Un moment notable de ce proto-XS : l’engagement du Pasteur Robert McAll, fondateur de la Mission populaire évangélique de France. Une évangélisation intérieure face notamment à l’alcoolisme. Être aux côtés des victimes du capitalisme ne se limitait guère à en panser les plaies, en ignorant la logique du système et son iniquité. Au contraire : la liberté critique et une fidélité redécouverte des valeurs évangéliques exigeaient un autre regard sur les « fléaux sociaux » et l’avenir du monde moderne. Si le protestantisme libéral s’attaquait à la mystification des vérités spirituelles dans la bible et à la sanctuarisation des institutions ecclésiales ; dans le même geste le XS s’en prenait quant à lui à l’absence de rationalité éthique et civilisationnelle, du modèle économique et social dominant. C’était bien plus qu’une simple mise à jour de la philanthropie patronale ou paternaliste.
Ce dépassement a pu se réaliser non pas comme une conformité aux valeurs de l’Eglise, cherchant à conforter sa vocation et sa position dans le monde[1], mais en tant qu’une revendication de la seigneurie du Christ, radicalement éloignée néanmoins de la théocratie. Jadis, le pacifisme et un certain anarchisme ont pu rencontrer le XS. De même des libre-penseurs, des républicains (laïcs) ou des socialistes : militant.e.s et critiques du mainstream de l’époque, des compagnons de route du XS newlook. Porté par de puissants théologiens et des économistes novateurs (Tommy Fallot, Wilfred Monod, Elie Gounelle, Jules Jézéquel, Charles Wagner, Charles Gides, etc.), le mouvement a su garder son cap[2]. Rejoignant une dynamique similaire en Europe (Suisse alémanique et Allemagne « socialisme chrétien »), et aux USA et Canada (Social gospel).
Aujourd’hui nous sommes face à l’IA, le capitalisme de brutalité, des militarismes conquérants, la déprédation terrifiante de la terre et du ciel, la désorientation gagne ! Les peurs font rage, aux USA comme en Europes ! Plus que jamais, nous souhaitons témoigner du « Christ invisible » auprès des personnes et des fronts « invisibilisés », parmi les exclus et les immigrés.
Il est temps de nous réveiller !
Philippe Kabongo-Mbaya
Mouvement du christianisme social
[1] C’est là une nuance avec le Catholicisme social apparu à la même époque et qui reçut pour socle l’encyclique Rerum novarum (mai 1891) du pape Léon XIII, référence incontournable aujourd’hui encore du sens romain de l’engagement pour la justice et le droit.
[2] Le philosophe Paul Ricoeur a pu un moment en être le président.