La Passion selon Saint Jean de Bach au Temple de Pentemont

Les 11 et 12 mars dernier La Passion selon Saint Jean de Jean-Sébastien Bach s’est élevée sous la coupole du temple de Pentemont. Retour sur cette offrande du « Cinquième évangéliste ». Deux jours de recueillement, de ferveur et de joie.

Au commencement était une folle ambition. Un défi lancé à deux chœurs d’amateurs : interpréter la Passion selon Saint Jean de J.-S. Bach. Ce projet, porté par la foi et la volonté, est devenu une mission. Le 11 et le 12 mars dernier, l’interprétation de cette œuvre sous la coupole de Pentemont nous fit vivre une communion. Ce moment de grâce pour les musiciens et les chanteurs comme pour le public a été vécu comme une offrande, un partage et un élan.

 

Cette joie est le fruit de deux ans de travail. En véritable architecte, Florian Westphal, a construit l’interprétation de cette œuvre en prenant les choristes de  Pentemont-Luxembourg à bras le cœur. Ils ont pu bénéficier de l’association fraternelle avec leurs collègues du chœur de Port Royal formés et conduits depuis 2017 par Florian Westphal. Ces deux chœurs formés d’amateurs de tous niveaux, orientés sur le répertoire de musique sacrée, en particulier, les œuvres de J.-S. Bach, perpétuent la tradition du chant protestant et la transmission de la Parole par le chant.

 

C’est ainsi que près de trois siècles après sa création en l’église Saint Thomas de Leipzig, le vendredi saint 7 avril 1724, ce monument de musique sacrée a semblé ces jours-là trouver tout son sens, sa puissance pathétique et son émotion.

 

« Chanter est un acte spirituel », souligne Florian Westphal, « un instrument d’élévation. Luther mettait le chant juste après la théologie. ». La musique devient alors le porteur et tremplin des Ecritures, car « au-delà de la beauté de l’œuvre de Bach, souligne le pasteur Baccuet, nous sommes au cœur de la révélation chrétienne. La passion, la croix et la résurrection occupent près du tiers des évangiles et des lettres de Paul. A la croix tout est accompli, tout prend sens, tout s’ouvre. »

 

Mais, aujourd’hui, ce jour-là, quel message a été entendu ? Qu’est-ce qu’une musique composée il y a trois siècles sur des mots écrits il y a deux mille ans, peuvent nous dire ? « Après la résurrection, la croix reste douloureuse, injuste, violente, mais elle ouvre à l’espérance, à la foi et à l’amour. Mais dans notre monde à nous, ajoute le pasteur Robert Philipoussi, paix, justice, solidarité et partage sont encore à accomplir. A nous maintenant de marcher à la suite du Christ. »

 

Ces jours-là ce n’est pas un concert qui fut donné au temple de Pentemont mais bien un office religieux porteur d’espérance, ouvert sur la vie. Ainsi que signait Jean-Sébastien Bach, ces voix élevèrent une prière : « A soli Deo gloria».

 

Jean-Michel Ulmann, Conseiller presbytéral de Pentemont-Luxembourg

 

Distribution : 

 

Direction Florian Westphal

Chœur du temple de Pentemont-Luxembourg fondé en 1991 par Denise Weber-Gascuel (1930-2021).

Chœur du temple de Port-Royal crée en 2017 et dirigé par Florian Westphal avec Sandra Westphal.

Ensemble Les Muses Galantes créé par Louise Audibert, dédié à l’accompagnement des chœurs.

Hélène Le Corre, soprano ;

Sébastien Obrecht, ténor ;

Madeleine Bazola-Minori, mezzo-soprano ;

Daniel Sans, ténor (L’évangéliste) ;

Arthur Cady, basse (Jésus) ;

Charles Robert-Stephens, basse (Pilate).

 

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