Dimanche 10 mai, notre paroisse de Rambouillet a vécu un temps fort autour du thème : « Rêver l’Église ». La journée a commencé par un culte porté par une prédication marquante du pasteur Samuel Amédro, qui en a donné la tonalité spirituelle. Puis, après un repas partagé, des paroissiens de tous horizons et de toutes générations se sont réunis pour discerner ensemble l’avenir de la paroisse, son projet de vie, sa vocation spirituelle et sa place dans la ville.
Depuis plusieurs mois, notre communauté connaît une dynamique nouvelle. Chaque dimanche, nous avons la joie d’accueillir de nouveaux visages : des familles, des enfants, des adolescents, des bébés. Cette croissance est une bénédiction, mais elle nous place aussi devant un beau défi : celui de l’accueil, de la transmission, de l’intégration de chacun, et du manque de place.
Nous sommes ainsi confrontés à ce que l’on pourrait appeler un merveilleux problème : le temple devient trop petit. Les besoins évoluent, les attentes se diversifient. Certains sont profondément attachés au bâtiment actuel, à son histoire, à sa mémoire. D’autres rêvent d’un lieu plus grand, plus visible, plus ouvert sur la ville. Entre fidélité à ce qui nous a été transmis et ouverture à ce qui vient, il ne s’agit pas d’opposer les sensibilités, mais d’entrer ensemble dans un discernement.
Car cette réflexion n’est pas d’abord immobilière. Elle est spirituelle. La vraie question n’est pas seulement : de quel lieu avons-nous besoin ? Mais plus profondément : quelle Église sommes-nous appelés à devenir ? Quelle place voulons-nous offrir à ceux qui arrivent, à ceux qui cherchent, à ceux qui hésitent encore à franchir la porte ?
La réflexion, guidée par Samuel Amédro, a commencé par un temps d’action de grâce. Chacun a pu nommer ce qui fait la richesse de notre vie paroissiale. Puis nous avons regardé avec lucidité nos fragilités : le risque de repli, le manque de visibilité, la difficulté à intégrer les nouveaux, la peur du changement, le partage encore insuffisant des responsabilités.
Un moment important nous a ensuite invités à nous mettre à la place de ceux que Dieu nous confie. De quoi chacun a-t-il besoin pour entendre : « Tu es attendu, tu es aimé, il y a une place pour toi » ?
Enfin, nous avons esquissé notre vision de l’Église de demain : une communauté intergénérationnelle, ouverte, visible, solidaire, ancrée dans la ville ; une Église les bras grands ouverts ; une Église qui accueille sans étiqueter ; une Église où le Saint-Esprit demeure à l’initiative.
Cette journée n’est pas un aboutissement, mais un commencement. Il nous faudra poursuivre la réflexion et faire émerger, dans les mois à venir, de petites victoires visibles.
Rêver l’Église, c’est accueillir l’avenir avec confiance. À Rambouillet, nous voulons continuer à discerner ensemble, non pas seulement ce que nous voulons faire de notre paroisse, mais ce que Dieu veut faire de nous.
Mathilde Soriano
Pasteure à Rambouillet