Les soirées d’Esprit Culture au Temple du Saint-Esprit
La septième édition des Rencontres d’automne a tenu toutes ses promesses. Nos invités, venus d’horizons très différents, ont accepté de partager leurs convictions, leur foi, leurs engagements.
Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d’État, a ouvert le cycle en remplaçant Véronique Margron, empêchée.
Né dans une famille d’agriculteurs catholiques de la Somme, il a été profondément marqué par la foi de ses parents et leur sens du service. Reçu à l’ENA en 1971, il en démissionne pour passer deux ans chez les jésuites avant de comprendre que servir les hommes était la meilleure façon de servir Dieu. Président de la Ciase, il évoque la responsabilité systémique de l’Église qui n’a pas su protéger les enfants. Il pointe aussi une théologie qui sacralise le prêtre. Il raconte avoir vécu cette mission comme une épreuve intime qui l’a conduit à distinguer plus nettement la Révélation de l’Eglise comme institution humaine. Il a salué la reconnaissance par les évêques de la responsabilité institutionnelle de l’Eglise et le dispositif de réparation des victimes.
Lors de la deuxième Rencontre, le Général Burkhard, ancien chef d’Etat-Major des Armées, nous a livré une parole claire sur le nouvel ordre mondial caractérisé par :
- Le recours systématique à la force sans faire appel à la diplomatie
- La volonté de désoccidentaliser le monde de la part de Poutine
- Le poids du changement climatique dans la vision des responsabilités et des devoirs de chacun.
Face à ce bouleversement de l’ordre international, sa parole se fonde sur les valeurs qu’il porte, telles que la préservation de la cohésion nationale, la transmission du souvenir des personnes mortes pour que nous vivions en démocratie. Aujourd’hui Délégué national de l’Ordre de la Libération, il est engagé dans un travail de valorisation de la mémoire auprès d’une jeunesse en quête de sens.
Lors de la troisième soirée, Christine Lazerges évoque ses racines protestantes et son exigence très tôt de justice.
Elle a su concilier sa carrière universitaire de professeure de droit privé et ses engagements politiques. Adjointe au maire socialiste de Montpellier, elle a été chargée de la prévention de la délinquance. Ses différents travaux à l’Assemblée nationale, puis à la Ciase l’ont conduite à théoriser la notion de justice restaurative comme reconstruction de la victime qui exige un autre lieu d’écoute que le procès. Ancienne présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, elle défend l’État de droit en démocratie. Elle rappelle sa fidélité au message de l’Évangile.
֤Le cycle s’est terminé avec Jean-Claude Casadesus
Né dans une famille d’artistes, sa première grande passion, enfant, a été la découverte de Jean-Sébastien Bach. « La musique m’a rapté », dit-il. Il devient timbalier solo dans l’orchestre Colonne mais revendique sa double casquette. Il enregistre en studio avec Brel, Piaf ou Aznavour, joue du jazz, ce qui lui donne le sens des styles. Et lorsque la musique de Wagner se révèle à lui, il se tourne à 30 ans vers la direction d’orchestre. Commence alors l’aventure de l’orchestre national de Lille qu’il sauve de la disparition, avec le soutien de Pierre Mauroy et du ministre Michel Guy. Être chef d’orchestre c’est être au service du compositeur, fédérer les musiciens, partager la musique avec le public. Sa devise « Porter la musique partout où elle peut être reçue », non seulement dans les plus belles salles du monde mais aussi dans les hôpitaux, les usines, les prisons, est pour lui une mission citoyenne que les politiques doivent soutenir.
Martine Jullian