À quelques jours de Noël, alors que les calendriers se remplissent et que les énergies s’éparpillent, un défi audacieux a été relevé : réunir des musiciens et musiciennes engagés dans l’Église, non pour une répétition de plus, mais pour une journée entière consacrée à la louange. Pari tenu ! Ce samedi 13 décembre, une quarantaine de membres de l’EPUdF en région parisienne ont répondu présent à Saint-Germain-en-Laye, portés par une même conviction : la louange n’est pas un simple moment du culte, mais la vocation profonde d’un peuple qui cherche à honorer Dieu par ses chants, ses prières, et toute sa vie.
Accorder les instruments… et les cœurs
L’enjeu était double : harmoniser les voix et les instruments, mais aussi concilier des traditions et des sensibilités musicales parfois très différentes. Organistes, pianistes, guitaristes, flûtistes, percussionnistes, chefs et cheffes de chœur, tous venus d’horizons variés, ont partagé bien plus que des partitions : leur passion commune pour la musique et leur désir de la mettre au service de l’Église. Dans un esprit d’ouverture et de curiosité, chacun a pu découvrir la richesse des pratiques de l’autre, transformant les différences en opportunités d’apprentissage et de croissance.
La louange, une vocation à vivre ensemble
La journée a commencé par un temps de réflexion biblique, rappelant que la louange est bien plus qu’une séquence liturgique : elle est une réponse à Dieu, l’expression vivante de la foi et même un mode de vie. Les participants ont pu réfléchir ensuite à ce que signifie “adorer Dieu en esprit et en vérité” (Jn 4,24), mais aussi interroger la place de la louange dans leur vie personnelle et dans la tradition liturgique luthéro-réformée. Autant de questions qui ont nourri des échanges profonds et fraternels.
Des ateliers pour grandir ensemble
L’après-midi a été rythmée par des ateliers pratiques, conçus pour répondre aux besoins concrets des musiciens :
- Le choix des chants : comment sélectionner des répertoires qui parlent à tous, tout en respectant la diversité des sensibilités ?
- Les règles d’or de l’accompagnement musical : des conseils pour servir au mieux le texte et l’assemblée, sans jamais l’éclipser.
- Gérer les conflits autour de la louange : un espace pour aborder de manière spirituelle les tensions qui peuvent naître entre les personnes et les groupes au sujet de la musique.
Pour mettre en pratique ce qui avait été partagé, les musiciens se sont finalement mélangés en petits groupes, formant des équipes inédites pour travailler sur différents chants. Ce temps de création collective a abouti à un moment de louange partagée, où chaque note, chaque voix, chaque silence a résonné comme une offrande. La journée s’est achevée dans la joie, avec le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’unique : une Église qui, malgré ses différences, trouve dans la musique et la prière une unité profonde.
Un bilan qui donne envie de recommencer
Les retours ont été réjouissants : cette journée a été une source d’inspiration, de formation et de fraternité. Les participants sont repartis avec des outils concrets, mais aussi renouvelés par la vision d’un Dieu qui nous invite à la joie et à l’action de grâce : quand il est au cœur de notre louange, alors nos différences se transforment de barrières en passerelles, nous liant les uns aux autres. Et si le plus beau cadeau de Noël était justement celui-là : se rappeler que, malgré nos différences, nous formons un seul peuple, appelé à louer Dieu ensemble de tout notre être ?