Le CPCV, une porte ouverte entre l’Église et la société
À l’occasion de l’accueil des pasteurs de la région Île-de-France, le 2 septembre 2026 à Saint-Prix, le CPCV Île-de-France a souhaité présenter non seulement ses activités, mais surtout ce qui les fonde et leur donne sens.
Présenter le CPCV à des pasteurs, ce n’est pas tout à fait la même chose que le présenter à nos partenaires institutionnels ou à nos financeurs.
Habituellement, nous parlerions de nos activités. Nous dirions que nous hébergeons des personnes sans logement, que nous accompagnons des demandeurs d’asile, des familles, des jeunes, que nous formons aux métiers de l’animation, du sanitaire et du social, que nous accompagnons vers l’emploi, que nous accueillons et éduquons des enfants.
Tout cela est vrai. Mais il est tout aussi important de dire pourquoi nous le faisons.
Une histoire protestante qui continue de nous inspirer
Le CPCV est une association d’éducation populaire issue du protestantisme. Et même si nous accueillons évidemment chacun sans distinction de croyance, d’origine ou de conviction, cette histoire protestante n’est pas pour nous un simple héritage inscrit dans nos archives.
Elle dit quelque chose de notre manière de regarder l’être humain.
Nous croyons à la dignité de toute personne. Nous croyons qu’aucun être humain ne peut être réduit à sa pauvreté, à son échec, à son absence de logement, à son statut administratif ou aux accidents de son histoire.
Lorsque nous regardons ce que nous faisons chaque jour au CPCV, nous pouvons penser que nos métiers sont, très concrètement, une façon de mettre l’Évangile en actes.
Dans l’Évangile, le Christ ne commence pas par demander à celui qui vient à lui s’il mérite son aide. Il rencontre. Il écoute. Il accueille. Il nourrit. Il relève. Il rend à celui qui était mis à l’écart sa place parmi les autres.
Et surtout, il voit la personne là où les autres ne voyaient parfois plus qu’un pauvre, un malade, un étranger ou un exclu.
C’est cette manière de regarder l’autre qui nous inspire.
Derrière les mots, des personnes
Bien sûr, au CPCV, nous parlons le langage de notre époque : hébergement d’urgence, insertion, accompagnement social, formation professionnelle, intermédiation locative, éducation populaire…
Mais derrière tous ces mots techniques, il y a quelque chose de beaucoup plus simple : accueillir celui qui a besoin d’être accueilli, accompagner celui qui traverse une épreuve, transmettre à celui qui veut apprendre et permettre à celui qui est tombé de se relever.
Nos statuts disent que le CPCV est né de la lutte contre les inégalités et les injustices et qu’il est porté par une éthique de vie, de respect, de liberté et de sens. Pour nous, ce ne sont pas seulement de belles valeurs.
Nous essayons de leur donner des murs, des lits, des logements, des salles de formation, des lieux d’accueil, des professionnels et, surtout, des visages.
En 2025, par exemple, le CPCV a assuré près de 48 000 nuitées d’hébergement d’urgence et plus de 80 000 heures de formation professionnelle. Mais ces chiffres n’ont de sens que parce que derrière chacun d’eux se trouve une personne. Une personne qui, un jour, a trouvé ici une porte ouverte.
Une porte ouverte
C’est peut-être ainsi que nous aimons penser le CPCV : comme une porte ouverte.
Une porte entre l’Église et la société. Une porte ouverte à celui qui croit comme à celui qui ne croit pas. Une porte par laquelle notre héritage protestant peut devenir service, engagement, responsabilité et espérance.
C’est aussi dans cet esprit que nous travaillons étroitement avec la paroisse d’Enghien-les-Bains. Le CPCV peut presque être regardé comme l’un de ses ministères dans la cité : non pas un ministère de parole, mais un ministère du faire, de l’accueil et du lien.
Parce que notre foi ne nous invite pas seulement à dire l’espérance. Elle nous invite aussi, très humblement, à essayer de la rendre visible.
« Tenir debout ensemble »
Notre rapport d’activité de cette année porte cette phrase : « Tenir debout ensemble ».
C’est une assez belle définition de ce que nous essayons de faire ici. Nous ne prétendons pas changer le monde à nous seuls. Mais nous pouvons être présents lorsque le monde de quelqu’un vacille.
Nous pouvons ouvrir une porte.
Nous pouvons faire une place.
Nous pouvons accompagner un chemin.
Nous pouvons aider quelqu’un à tenir debout.
Et parfois accepter aussi que ce soit lui qui nous aide à tenir debout.