« Identité protestante : entre conviction et dialogue ? »

Entre convictions profondes et ouverture au dialogue, le 24 septembre au temple du Vésinet Samuel Amédro invitait à repenser l’identité protestante : non comme héritage figé, mais comme une radicalité vivante enracinée dans l’Évangile, ouverte au monde.
Samuel Amédro nous avait prévenus : il allait être un peu « provoc » ! Mais les questions soulevées et l’approfondissement des réflexions en valaient la peine !
Petit abrégé d’une soirée dense : 

Une question…

Nous, protestants issus des Eglises « historiques », qui sommes-nous ? En quoi croyons-nous vraiment ?

 

…et les réponses habituelles : Mais…

  • Est-il pertinent de se définir si souvent par la négative : « pas catholiques, pas évangéliques, pas américains… » au risque de la caricature
  • Est-il opportun d’employer un langage d’initié et d’égrener « notre chapelet en latin » : « Sola gratia, Sola fide, Sola scriptura … »
  • Quand nous faisons le récit de notre « saga historique » : « Saint » Luther, « Saint » Calvin, …le Refuge et le Désert … comme si cette histoire nous tenait lieu d’identité, ne tombons-nous pas dans un protestantisme identitaire qui agit comme un repoussoir ?
  • Nous parlons des valeurs dites « protestantes » (austérité, rigueur, intégrité, engagement, liberté de conscience…). Sont-elles si spécifiquement protestantes ? Les évoquer, n’est ce pas suggérer que pour faire survivre le christianisme on ne peut parler que de valeurs ? Ne sommes-nous pas alors dans un discours de survie, un peu fade et consensuel, qui remplace le discours de la foi ?

La présentation de nos convictions sur le site de l’EPUdF donne elle-même une impression de flou…pas très parlant ni attirant.

 

Or, dans quel monde vivons-nous ?

Notre société vit une phase d’accélération des divisions qui conduit à une « polarisation affective » par manque de dialogue, aboutissant à une logique de tribus ennemies menaçantes.
Par ailleurs, l’effacement des cadres et des institutions laisse place à une quête identitaire très forte. Les jeunes, en particulier, vont chercher des lieux où sont affirmées des convictions claires.
Dans ce contexte d’hyperpolarisation, le langage de l’EPUdF risque de devenir inaudible par modération consensuelle et effacement !

 

Face à ces constats : trouver notre radicalité

Entre « modération fade » et « radicalisme sectaire », il est possible de choisir la radicalité enracinée dans l’Evangile, tel que le comprend la tradition réformée, et qui transcende les clivages classiques !

 

Cette radicalité pose un centre qui repose sur 4 piliers.
Nous tenons à ces convictions et nous pouvons en être fiers :

  • Au centre : la radicalité de l’Amour de Dieu pour l’humanité toute entière. (Cf Jean 3.16). Un amour inconditionnel, plus fort que la mort.
    Je me sais aimé de Dieu. Ce n’est pas un discours, c’est une manière d’être.
    Cet amour se vit en relation, dans la communauté. (Jn 13.35)
  •  1er pilier : La radicalité de la liberté de conscience.
    Cette radicalité de la responsabilité individuelle entraîne un attachement à la laïcité et à la pluralité, bonne et nécessaire car elle empêche chacun de se croire détenteur de la vérité. Pas de prosélytisme donc, mais une mission : créer l’occasion de la rencontre.
  •  2ème pilier : La radicalité de l’engagement pour la justice.
    Dieu aime le monde et cela doit se voir !
    C’est pourquoi nous devons porter nos convictions dans l’espace public : c’est la théologie politique. Son but : « vivre une vie bonne avec et pour les autres, dans des institutions justes ». (Entraide au près et au loin, combat pour la justice climatique, ACAT …)
  •  3ème pilier : La radicalité de l’intelligence de la foi.
    Notre cerveau est un cadeau de Dieu, servons-nous en pour être capable de comprendre et de donner du sens à notre monde ! La foi doit dialoguer avec les savoirs contemporains.
    Cette radicalité intellectuelle fonde la centralité des prédications et l’exigence de formation de ceux qui prêchent.
  •  4ème pilier : La radicalité démocratique.
    Elle s’exprime dans notre Eglise par le régime presbytéro-synodal et s’enracine dans la conviction que l’Esprit Saint parle par chacun de ses membres. Ainsi est-il possible de gérer les désaccords dans la certitude que l’autre est un frère.
    Vivre la réalité du débat démocratique est possible : nous le faisons et nous y tenons !

 

Nous ne portons donc pas un message sur notre identité, mais une manière d’être qui essaie de donner corps à l’Evangile dont nous vivons.
Parler de l’Evangile, c’est bien ; être l’Evangile pour les autres, sur leur chemin de vie, c’est encore mieux !

 

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