Dans nos paroisses : « Faut qu’on se parle… Et si on s’écoutait ? »

06/06/2026
15h00
Et si le véritable défi n’était pas de prendre la parole, mais de la donner ? À l’heure où chacun semble sommé d’avoir une opinion sur tout, Bible et Rencontres propose une démarche inattendue : apprendre à s’écouter pour mieux vivre ensemble.

Théâtre forum : « Faut qu’on se parle…Et si l’on s’écoutait ? »

 

Cette année l’équipe de Bible et Rencontres continuant, à sa manière, d’exploiter la salutation bienveillante, le shalom, salam, bonjour ! qu’elle avait voulu apporter à l’ensemble de la cité il y a deux ans, envisage d’aborder la question des préjugés et même, d’une façon plus large, la question de l’acceptation de l’autre dans sa différence. L’an dernier nous nous étions arrêtés sur l’importance du recours à la non-violence dans les relations de la vie quotidienne, avec une exposition de l’association MAN : « La non-violence, une force pour agir ». Dans les débats qui avaient conclu nos rencontres, l’expression d’une impuissance ressentie face à tout ce qui pouvait faire obstacle, au quotidien, à notre démarche volontariste nous conduit, aujourd’hui, à poser la question autrement. Non pas par un recours au silence, comme s’il n’y avait rien d’autre à faire que de prendre acte de se trouver dans une impasse. Mais par un décalage qui ferait qu’avant de prendre la parole on se donnerait le temps de s’écouter, c’est-à-dire de sortir de soi-même, de déposer, ne serait-ce qu’un instant ses propres assurances pour donner la parole à celles et ceux qui nous sont proches, dans le cadre de notre vie courante. A partir de là, sans doute, retrouver ensemble l’usage de la parole, lui accorder toute sa place notamment dans le partage de la vie de chaque jour dont, le plus souvent elle est bannie. L’isolement de plus en plus grand de chacun de nous par rapport à l’environnement quotidien, une fois sorti du cocon familial (quand il existe), rend de plus en plus difficile le contact, la relation, le dialogue. L’agressivité latente susceptible de suivre une absence de compréhension réciproque dans la moindre des relations, quelquefois même un blocage imprévu entrainant un rejet viscéral spontané qui met en opposition immédiate, tout peut concourir à faire de la rencontre improvisée une occasion de conflit.

 

Et certes, même si le conflit n’est pas fondamentalement à proscrire tant il peut être porteur de vérités, dénonciateur de l’inacceptable, à l’origine de mondes nouveaux, il n’est pas possible qu’il puisse devenir le mode habituel de relations. Dans l’ordre même de la Création voulue par Dieu d’un monde qui réponde à son attente c’est par sa Parole que Dieu, lui-même, intervient faisant du chaos un univers bien structuré où la vie devient possible. La parole est le mode essentiel par lequel Dieu intervient dans le monde. Dans l’enseignement fondamental des références auxquelles les sociétés humaines se rallient l’ouverture à l’autre à toujours été la condition essentielle d’une bonne entente. Le regard, la gestuelle manuelle, finalement la parole en sont, là aussi, les premières manifestations universellement reconnues comme signes possibles de bonne volonté. Faut-il rappeler quelle place tient, dans la petite enfance la découverte de la pratique de la parole dans le développement de la relation affective et l’ouverture à la connaissance de l’environnement ? Et d’ailleurs, dans notre monde d’aujourd’hui, le recours à la parole n’a pas disparu, bien au contraire, mais elle s’est largement complexifiée. La diversité linguistique de notre environnement est devenue d’une grande banalité, la multiplicité des origines géographiques conduisant beaucoup de nos concitoyens à la pratique de deux à trois langues, celle de leur pays d’origine, celle de leur pays d’accueil et, la plupart du temps, celle que leur a imposé leur cheminement dans le monde. Il y a les langues qu’on aime parler et celles qui sont celles de la dépendance.

 

Dans tout cela alors, comment retrouver le bon usage de la parole ? Y a-t-il une langue commune à inventer qui règlerait tous ces problèmes ? On a à peu près oublié cette tentative utopique que fut l’espéranto. Nous savons tous quelles ont pu être nos propres difficultés à apprendre à nous exprimer convenablement dans notre propre langue maternelle. Y a-t-il dans la diversité des langues comme, d’ailleurs dans la diversité des attitudes humaines une série d’obstacles insurmontables à toute compréhension réciproque ? Ce que nous vivons parfois autour de nous nous amène à ne pas le croire. Il suffit de voir comment peuvent réagir des foules entières à des situations de bonheur ou même de catastrophes (pensons aux derniers jeux olympiques de Paris ou aux épreuves que les Palestiniens ou les Ukrainiens  subissent chaque jour) pour se rendre compte de tout ce qui nous rend, à chaque fois, si semblables les uns aux autres. Mais encore faut-il, peut-être, qu’il y ait une parole qui en vienne à donner du sens à tout ce qui est vécu.

 

En cette période de l’année où nous célébrons la fête chrétienne de la Pentecôte, nous ne pouvons pas ne pas être frappés par la symbolique que représente, dans le texte biblique qui nous sert, en cette occasion, de référence, le fait que, tout à coup, entre un public d’origine internationale et les disciples, tous juifs de Palestine, s’établit une relation linguistique totalement inattendue : « Ils étaient tous dans l’étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres : Voici ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre propre langue maternelle ? » (Actes 2, 7-8).

 

C’est en marche vers cette écoute authentique les uns des autres que se place aujourd’hui notre attente. Elle passe, techniquement, par le recours à une équipe qui, dans le cadre de l’agglomération, fait de la formation dans le domaine du travail social, et qui nous propose d’animer un débat théâtralisé, improvisé, ouvert tout public sur le thème retenu.

 

Et cela se passe à Melun, le samedi 6 juin à 15h, en partenariat entre Bible et Rencontres, association de l’Eglise protestante de Melun, la Mosquée de Melun et le groupe Bagan bagaN. Vous êtes cordialement invités !

 

 

Jean Boissière, président de Bible et Rencontres

Le ministère de diacre
Le ministère de diacre
Plus d’informations sur le ministère de diacre : ministre du culte et ministre de l’Union, discernés localement et par la commission des ministères, l’expérimentation…
Échos du conseil national – Juin 2026
Échos du conseil national – Juin 2026
Réuni du 19 au 21 juin 2026, voici les points essentiels à retenir pour ce dernier Conseil National.
Nominations et nouveaux ministères à l’EPUdF (2026-2028)
Nominations et nouveaux ministères à l’EPUdF (2026-2028)
Découvrez les nouvelles nominations, l'accompagnement des proposants et l'évolution des ministères au sein de l'Église Protestante Unie de France pour la période 2026-2028.
Reconnaissance et départs à la retraite des pasteurs de l’EPUdF en 2026-2027
Reconnaissance et départs à la retraite des pasteurs de l’EPUdF en 2026-2027
L'Église Protestante Unie de France exprime sa gratitude aux nombreux pasteurs qui font valoir leurs droits à la retraite en 2026 et 2027. Découvrez la liste.
Les échos du Synode national 2026 à Montbéliard
Les échos du Synode national 2026 à Montbéliard
Les essentiels à retenir du Synode national 2026 à Montbéliard, du 14 au 17 mai 2026.
« Une Église qui a des réserves » – Ouverture du Synode national 2026
« Une Église qui a des réserves » – Ouverture du Synode national 2026
Le message de Christian Baccuet, Président du Conseil national de l'EPUdF, lors de l'ouverture du Synode national 2026 à Montbéliard.
Zoom sur le volontariat avec l’Eglise
Zoom sur le volontariat avec l’Eglise
Le volontariat est une expérience très riche pour les jeunes qui s'en saisissent. Plusieurs postes à pourvoir avec le Défap à découvrir.
De l’Absence à la Présence : Le chemin de l’Ascension à la Pentecôte
De l’Absence à la Présence : Le chemin de l’Ascension à la Pentecôte
Quarante jours après la joie de Pâques, nous célébrons l’Ascension, un départ qui, loin d'être un adieu, prépare le souffle de la Pentecôte.
Synode national 2026 à Montbéliard
Synode national 2026 à Montbéliard
Le prochain Synode national de l'Epudf qui se tiendra à Montbéliard du 14 au 17 mai prochain aura pour thème : "Vivre l'Église universelle".
« Présence », la revue de la Mission Populaire Évangélique de France
« Présence », la revue de la Mission Populaire Évangélique de France
Et si vous preniez le temps de vous arrêter… pour mieux comprendre le monde qui vous entoure ?
Message de Pâques 2026
Message de Pâques 2026
En ce dimanche de Pâques et dans la joie du Christ ressuscité, retrouvez le message commun de l'UEPAL et l'EPUdF.
Réponse de l’UEPAL et de l’EPUdF aux textes « Kairos Palestine »
Réponse de l’UEPAL et de l’EPUdF aux textes « Kairos Palestine »
Fin mars 2026, l'UEPAL et l'EPUdF ont répondu par une lettre commune, aux deux documents "Kairos Palestine".

Contact