La méditation d’ouverture sur le Psaume 121, le psaume des montées, donnait une tonalité juste à cette séance : garder l’horizon, oui, mais aussi travailler le chemin. C’est exactement ce à quoi le Conseil s’est attaché.
Une vision régionale qui devient plus concrète
Le Conseil régional a repris le chantier d’alignement entre vision, objectifs et moyens. Deux objectifs ont été placés au centre : libérer la vie de l’Eglise pour essayer de nouvelles manières multiples de vie d’Église, et tenir ensemble trois dimensions de la vie chrétienne — être accueilli, être disciple, être missionnaire. Le point est important : ces trois dimensions ne sont pas pensées comme un parcours unique et obligatoire, mais comme des réalités concomitantes, afin de respecter la diversité des dons et des services.
Dans cette logique, le Conseil travaille à atténuer le modèle unique de la vie d’Église, trop souvent résumé au seul schéma « pasteur + association cultuelle + temple + territoire ». L’enjeu n’est pas de dévaluer les formes paroissiales classiques, mais de légitimer une pluralité de pratiques, de sortir de certains réflexes identitaires et de lutter contre l’esprit de propriété et l’esprit de survie qui peuvent parfois enfermer. Des exemples très concrets ont été évoqués : églises de consistoire ou de secteur, culte en semaine, culte de maison, travail en équipe, mutualisation, partenariats, formes plus souples ou plus ciblées selon les réalités locales.
Le Conseil veut maintenant passer de l’intuition à la méthode : recenser les nouvelles formes d’« Église vécue » déjà éprouvées, repérer des personnes et des lieux prêts à expérimenter, lancer deux ou trois expériences concrètes,, accompagner ces projets dans une logique d’incubateur, puis encourager de nouvelles manières de vivre l’Eglise per avec retours d’expérience et personnes-ressources. Il a également été rappelé que certains chantiers — comme la communication, la jeunesse, l’interculturalité ou l’écologie — doivent être compris comme des leviers transversaux, et non comme des cibles séparées.
Le fond du projet régional apparaît ainsi plus nettement : une Église capable d’accueillir des formes diverses, de relier ces formes entre elles, d’assumer l’expérimentation, y compris avec son risque d’échec, et de mieux articuler vision spirituelle et outils concrets.
Une rencontre avec les responsables de services régionaux
Le Conseil a pris le temps d’entendre plusieurs responsables de services régionaux. Cela a permis de voir comment la vision régionale se décline déjà dans des chantiers précis.
Le service communication a présenté le travail mené depuis la reprise de l’ensemble des outils et canaux régionaux : Paroles protestantes, émission hebdomadaire sur Fréquence protestante, mémento, newsletter, accompagnement concret de la communication des paroisses. Parmi les chantiers à venir figurent notamment la constitution d’un réseau des communicants de paroisse, le renforcement de la présence régionale sur les réseaux sociaux, ainsi que l’intégration du cahier 2 de Paroles protestantes dans le cahier 1 à partir de septembre 2026. Le développement de la communication autour de la construction du temple d’Étampes fait également partie des priorités à venir.
Le service formation a, de son côté, montré un travail déjà solidement structuré. L’équipe compte six membres, se réunit chaque mois et intervient sur les huit consistoires. Elle accompagne déjà de nombreuses paroisses sur la question de l’accueil, développe des outils pédagogiques, poursuit les formations à la prédication, à la musique, et prépare une session de premiers secours en santé mentale. Une réflexion sur l’Église comme “lieu sûr” (safe-place) est également engagée. Au-delà des outils, une question de fond a été posée au Conseil : la formation doit-elle seulement compenser le manque de pasteurs, ou devenir un véritable levier de transformation communautaire et missionnaire ?
Le parcours interculturel, porté par Rodolphe Gozegba, entre désormais dans une phase pratique. Après une année d’enquête dans quatre paroisses-test, le travail se déploie sous forme de focus groupes et s’appuie sur la méthode EDTA : Écouter, Discerner, Transformer, Accompagner. L’intérêt suscité par cette démarche dépasse déjà les quatre paroisses initialement concernées.
Du côté du service régional jeunesse et de la création d’uneaumônerie des étudiants du plateau de Saclay, la prise de fonction concrète de Gaëlle Couvez permet d’entrer dans une nouvelle phase. Les activités jeunesse habituelles se poursuivent, mais de nouveaux formats apparaissent, comme le test d’un événement web « Montée vers Pâques » et la création d’une communauté WhatsApp jeunesse. Sur le plateau de Saclay, une équipe de pilotage est en place autour de la paroisse de Palaiseau, un tiers-lieu est recherché, et un démarrage est visé pour la rentrée de septembre. Dans un territoire de 70 000 étudiants où la présence protestante est encore faible, ce chantier prend une portée particulière.
Enfin, le service juridique régional est désormais effectivement en place. Sa première réunion de coordination a eu lieu le 17 mars. Il s’appuie sur une équipe de dix juristes bénévoles, aux profils particulièrement solides, et a vocation à soutenir les Églises locales et la région sur des questions précises, dans un cadre clairement défini. Là encore, on voit se mettre en place une ressource régionale pensée non comme un supplément, mais comme un appui réel pour la vie des communautés.
Quelques points d’information
La séance a également permis de faire le point sur plusieurs dossiers plus ponctuels.
Sur le plan financier, les comptes définitifs de 2025 confirment une situation encore tendue, avec un déficit opérationnel de 159 972 €, mais le résultat final s’établit à 56 801 €, soit un niveau inférieur à celui des comptes provisoires présentés en février comme au budget adopté par le synode de novembre 2024. Une première rencontre financière des consistoires de l’ouest parisien a par ailleurs eu lieu le 8 mars à Saint-Quentin-en-Yvelines, et un questionnaire doit maintenant permettre de mieux comprendre l’exercice concret des fonctions de trésorier et de comptable dans les paroisses.
Le Conseil a également validé à l’unanimité la liste des prédicateurs laïcs, en leur accordant le mandat de célébration pour l’année 2026-2027.
Il a par ailleurs choisi plusieurs pasteurs référents pour les paroisses vacantes, afin d’accompagner ces communautés dans leur période de transition : Dreux, Château-Thierry, Auxerre, Saint-Quentin-en-Yvelines, Chartres, Béthanie, Aubervilliers, Montparnasse-Plaisance et Saint-Maur.
Enfin, le projet de construction du futur temple d’Étampes continue d’avancer : le permis de construire a été déposé le 13 mars, et la communication en vue de la levée de fonds doit désormais entrer dans une nouvelle phase.
Une vision qui s’organise
Ce Conseil régional du 21 mars donne à voir quelque chose de précieux : la vision régionale n’est pas laissée à l’état d’intention. Elle commence à s’organiser, à se doter de méthodes, de services, de relais, d’expérimentations possibles.
Depuis le synode, le fil devient plus lisible : le cap a été posé ; il s’agit maintenant de chercher les formes de vie, les outils et les appuis qui permettront à cette vision de devenir plus concrètement une manière de vivre l’Église en région parisienne. La prochaine séance devra d’ailleurs poursuivre ce travail sur la répartition des tâches, le calendrier opérationnel et les moyens nécessaires.
Prochaines dates du Conseil régional : 11 avril, 30 mai, puis les 4 et 5 juillet 2026.