Face à la situation financière de l’Église dans son ensemble et de nos paroisses en particulier, le Conseil régional a lancé cette année une série de rencontres consistoriales pour réfléchir ensemble à la vie financière de l’Église. La première s’est tenue le 8 mars à Saint-Quentin-en-Yvelines, pour les consistoires Boucles de Seine Ouest et Sud-Ouest. L’enjeu était clair : mieux comprendre les difficultés, partager des bonnes pratiques, et faire émerger des pistes pour les Églises locales comme pour le Synode régional.
La journée a commencé par un culte avec la paroisse accueillante. Ce cadre n’avait rien d’anecdotique : il rappelait d’emblée que les questions financières ne sont pas extérieures à la vie spirituelle de l’Église. Claire Harlé et Jacques Masselin soulignent aussi la qualité de l’accueil et le plaisir d’une réunion en présentiel. Après un « repas frugal tiré des sacs », ils retiennent une rencontre « bien menée », qui leur a permis de repartir avec « des idées concrètes » et d’ouvrir les yeux sur « de nouvelles façons d’aborder la question financière dans nos paroisses, avec discernement mais aussi audace ».
Ce souci du concret revient fortement dans les témoignages. Jérôme Lerch souligne lui aussi que cette journée a été « très concrète et particulièrement éclairante ». Il insiste sur la nécessité de mieux expliquer le sens du don, de « dire et répéter à quoi sert le don » : pour la vie, les projets et l’entraide de chaque paroisse, bien sûr, mais aussi pour soutenir celles qui manquent de moyens ou peinent à entretenir leurs locaux. Derrière une question très pratique apparaît ainsi une question plus vaste : comment faire comprendre que la contribution de chacun ne soutient pas seulement son lieu de culte, mais participe aussi à une solidarité plus large entre communautés ?
Les échanges ont également mis en lumière la nécessité d’adapter notre manière d’aborder ces questions selon les générations et les usages. Là encore, les discussions ont fait émerger des pistes concrètes : recours aux QR codes, terminaux de paiement électronique, diversification des moyens de contribution, dans un contexte où l’argent liquide se fait plus rare. Comme le résume Jérôme Lerch, parler régulièrement du don n’est « ni excessif, ni exagéré, ni obscène » : c’est une manière de rendre chacun acteur, avec des outils adaptés aux pratiques d’aujourd’hui.
Une autre contribution reçue met en valeur la clarté de l’exposé de Samuel Amédro sur la problématique des finances de l’Église, jugé « très clair » et « très instructif » sur les différentes contributions issues des dons et des legs. Elle souligne aussi un autre point fort de la journée : la franchise avec laquelle a été abordée la question de l’immobilier paroissial. Le sujet est sensible, mais il a eu, écrit Jacques Odier, le mérite de mettre en exergue « la nécessité de poser les importantes et difficiles questions d’arbitrage sur l’immobilier des paroisses ». Des débats délicats, certes, mais qui ne doivent pas être repoussés à plus tard.
C’est sans doute l’un des apports les plus précieux de cette première rencontre : avoir tenu ensemble lucidité, solidarité et imagination. Lucidité, pour regarder la réalité financière en face. Solidarité, pour ne pas penser seulement à sa paroisse, mais aussi à celles qui sont fragilisées. Imagination, pour renouveler nos pratiques et mieux soutenir la mission commune. La journée du 8 mars a ouvert un chemin. Les autres rencontres du cycle régional auront à leur tour la responsabilité de le prolonger.