Gérer de l’argent peut sembler austère. Pourtant, je le vis comme la gestion des fruits de la reconnaissance : celle de personnes touchées par la grâce de Dieu. Voici comment ce rôle prend forme pour moi.
D’abord, je veille à ce que la paroisse ne soit pas dirigée par des logiques budgétaires tyranniques. La trésorerie n’est qu’un instrument : une mesure sur laquelle les différentes “partitions” des ministères de l’Église peuvent s’écrire et être interprétées selon les talents de chacun.
Ma responsabilité est aussi de communiquer clairement afin que chacun puisse comprendre les besoins à court et moyen terme de la paroisse. L’objectif est que ces sujets soient portés dans la prière et qu’un engagement, sous toutes ses formes, puisse émerger.
Je contribue également à la mise en œuvre d’une formation sur l’engagement et le service dans l’Église. Tous les deux ans, nous proposons « 1 pas de + finances », un temps pour interroger notre relation à l’argent et notre manière de nous engager.
La gourmandise administrative mérite d’être cultivée, pour suivre les nombreuses évolutions réglementaires. L’outil en ligne REGALE, proposé par l’EPUDF, permet de répondre à cet appétit.
Le travail en équipe avec les autres trésoriers est un réel plaisir. Nous nous encourageons et partageons nos bonnes pratiques lors des rencontres régionales, toujours très fructueuses.
Enfin, il faut exercer un certain discernement face à la diversité… des monnaies ! Nous avons retrouvé plus de trente pièces étrangères dans les collectes, sans compter les jetons de caddie ou de lavomatique. Une aventure numismatique en soi !
Je voudrais conclure avec une mise en garde, à partir du texte de Jérémie 23.
33 Le Seigneur dit à Jérémie : Si un prophète, ou un prêtre, ou n’importe qui te demande : « Quel est le message du Seigneur, quel fardeau nous impose-t-il ? », tu répondras : C’est vous qui êtes un fardeau, dit le Seigneur. C’est pourquoi je me débarrasserai de vous…..
35 Ce que, entre vous, vous devez vous demander l’un à l’autre, c’est : « Qu’a répondu le Seigneur ? » ou « Qu’a dit le Seigneur ? » 36– Quant à l’expression fardeau imposé par le Seigneur, oubliez-la.
Le Seigneur y rappelle que le danger est de concevoir son ministère comme un fardeau imposé. C’est là un piège : voir son service comme une contrainte, dans une posture de redevabilité mortifère. Au contraire, c’est l’écoute de la Parole de vie qui nous libère et trace le chemin de notre service, personnel comme communautaire.
Lionel ZIMMER, Trésorier de l’Eglise du Marais