A Paris, le moment phare de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens est toujours la célébration régionale, qui s’est déroulée en présence d’une assemblée nombreuse au Temple de l’Annonciation, rue Cortambert. Y sont intervenus des ministres ordonnés des principales traditions chrétiennes présentes à Paris. L’Eglise Protestante Unie était représentée par les pasteurs Samuel AMEDRO (région réformée) et Laza NOMENJANAHARY (Inspection Luthérienne de Paris). La liturgie était basée sur le cadre proposé par la Communauté de Bose, les représentants des différentes confessions intervenant à tour de rôle. La prédication a été donnée par Mrg Laurent Ulrich, archevêque de Paris, dont le propos a largement et logiquement porté sur la synodalité, en cette année de 1700ème anniversaire de la célébration du concile de Nicée. Le prédicateur a notamment souligné que «la synodalité concerne en premier lieu la vie ordinaire de toute l’Église » et qu’elle constitue « un chemin de conversion » pour les églises séparées. Plusieurs temps musicaux de qualité ont été proposés par les deux chœurs liturgiques présents et l’organiste Thibault Fajoles. Les jeunes de la Maison de l’Unité ont effectué une lecture biblique et guidé l’assemblée dans l’unique chant congrégationnel proposé. Un moment convivial proposé par la paroisse accueillante a clôturé la célébration, dont le format m’interroge.
Tout d’abord, alors la plupart des traditions représentées prônent sur la base du sacerdoce baptismal une participation active de tous les baptisés à l’action liturgique, la place dévolue aux laïcs, pourtant largement engagés dans l’œcuménisme, a été limitée. De plus, une seule tradition était représentée par une femme, alors que plusieurs d’entre elles admettent les ministères ordonnés féminins.
Ensuite, la participation active de l’assemblée a été très réduite, alors que s’est imposée au fil du temps dans pratiquement toutes les traditions présentes la conception d’une assemblée envisagée comme sujet intégral de l’action liturgique.
Enfin, à une époque où l’expérience œcuménique repose avant toute chose sur la connaissance personnelle de l’autre et sa rencontre dans son altérité, le format de la célébration n’a pas réellement permis qu’un échange de dons réciproques ait lieu.
Il serait intéressant qu’une réflexion soit engagée pour créer de nouveaux espaces liturgiques ou non correspondant davantage au vécu et à la réalité de toutes et celles œuvrant quotidiennement pour l’unité chrétienne, en se basant par exemple les acquis méthodologiques des Forum chrétiens mondiaux et francophones.
Natacha Tinteroff
Pour le service régional œcuménique