Un culte pas comme les autres
Sens, le 20 septembre, 15h30 : un cortège de robes noires (à quelques exceptions près !) s’élance dans l’allée centrale du temple. « Spectacle » inhabituel et pour cause : cela fait quatorze ans que la paroisse de Sens et Environs n’a pas connu de célébration semblable.
Une reconnaissance de ministère, ça ne vous tombe pas dessus tous les jours ! Pour moi, c’était une première. Peu après l’arrivée de notre nouveau pasteur, Olivier, nous avons commencé à y réfléchir. Au départ, vous vous dites… bon, ce sera simplement un culte un peu plus festif, avec une liturgie un peu plus longue, un temple un peu plus rempli… Mais, très vite, la mise en œuvre concrète vous rattrape, un peu plus… multiforme, complexe ! Comment conjuguer solennité et émotion, recueillement et manifestation de joie, préparation soigneuse et spontanéité ?
En amont, une multitude de détails « pratico-pratiques » à anticiper, qui nécessite un vrai travail d’équipe : les invitations à lancer aux quelques « officiels » – autorités civiles et représentants des autres Églises -, les bancs du temple à réorganiser pour s’assurer d’un nombre de places suffisant, l’accueil et le placement des invités à prévoir, les tentes à se procurer pour le buffet au cas où la pluie s’inviterait etc etc. Objectif ? Pouvoir, le moment venu, se centrer sur l’essentiel et confier le reste, tout le reste, y compris l’imprévu et l’imprévisible, à l’Esprit saint !
L’épisode du paralytique de Capernaüm, descendu auprès de Jésus par ses amis à travers le toit (Marc 2, 1-12), était le texte choisi par Olivier. « Quels sont les toits bétonnés à percer dans nos vies, dans nos Églises ? Notre foi, est-ce qu’elle se voit ? A t-elle un visage, des bras et des jambes ? » Ces paroles prononcées par la pasteure Titia Es Sbanti au cours de la prédication ont fortement résonné au sein de cette assemblée particulièrement éclectique.
L’émotion la plus forte ? Certainement, et pour tous, à commencer par le principal intéressé, le moment de l’imposition des mains qui a fait suite aux engagements pris par Olivier au service de Dieu et de la communauté : « Oui, je le veux. Jésus-Christ est le Seigneur. Qu’il me soit en aide ! ». Et, en écho à ceux-ci, l’engagement de la communauté à prier pour lui et à le soutenir dans son ministère, avec les mêmes mots : « Oui, nous le voulons… ».
Mais impossible d’oublier qu’un autre langage que celui des mots, a porté ce culte et a porté toute l’assemblée : le langage de la musique, et l’enthousiasme d’un groupe « improvisé », mêlant membres de la communauté et invités de tous âges… à la trompette, au piano, à l’accordéon.
« Notre » pasteur est désormais pasteur reconnu de l’EPUdF. C’est notre joie ! Notre joie pour lui, et avec lui ! Et, nous le savons, ce « notre » n’est pas possessif, il est marque d’amitié, d’affection fraternelle. C’est l’Église qui nous le confie pour nous accompagner dans notre vie communautaire, notre témoignage, notre rayonnement. Pour nous aider à être, ensemble, un peu plus, un peu mieux l’Église de Jésus-Christ, ou du moins un de ses visages, à Sens.